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Face au sexisme, 17 ex-ministres lancent un appel : "Nous ne nous tairons plus"

lundi 2 mai 2016, par phil

dimanche 15 mai 2016

Révoltées par les témoignages de harcèlement sexuel contre le député écolo Denis Baupin, de nombreuses femmes politiques témoignent. Dix-sept anciennes ministres de gauche et de droite s’engagent dans le JDD.

Et si c’était vrai ? Et si cette fois-ci, la peur changeait réellement de camp ? Après les révélations de Mediapart et France Inter sur Denis Baupin - des faits qu’il conteste -, la parole s’est libérée. Des victimes du sexisme ordinaire dans le monde politique se sont mises à raconter, ouvertement, ce que parfois elles cachaient depuis des années.

Cinq ans jour pour jour après la révélation de l’affaire du Sofitel, dix-sept anciennes ministres de gauche et de droite prennent la plume dans le JDD. Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Elisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Marylise Lebranchu, Corinne Lepage, Monique Pelletier, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Yvette Roudy, Catherine Trautmann, Dominique Voynet et Rama Yade s’expriment au nom de toutes celles qui ne peuvent prendre la parole. Le sexisme concerne tous les milieux, les entreprises, l’université, les médias, la politique. Aucun monde n’est épargné. Les dix-sept "pétroleuses" font aussi des propositions importantes pour mieux protéger les victimes.

(...) "Nous nous sommes engagées en politique pour des raisons diverses, nous défendons des idées différentes, mais nous partageons la volonté que le sexisme n’ait pas sa place dans notre société. Ce fléau n’est pas propre à notre univers, loin de là, mais le monde politique a un devoir d’exemplarité."

"Nous avons été ministres, nous sommes ou avons été élues. Et comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme."

"On ne peut pas dire à une femme, quel que soit son statut, qu’elle soit salariée, étudiante, chômeuse, mère au foyer ou élue, à propos d’une collègue : "A part ses seins magnifiques, elle est comment ?". On ne peut lui dire d’un air graveleux : "Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir" ou "Est-ce que tu portes un string ?".

"L’impunité, c’est fini" "Ce que nous racontons est arrivé à certaines d’entre nous ou certaines de nos paires, mais là n’est pas la question. Cela arrive tous les jours à des femmes dans les transports, dans les rues, dans les entreprises, dans les facultés. Cela suffit. L’impunité, c’est fini. Nous ne nous tairons plus."

"Peu de femmes portent plainte et très peu de plaintes débouchent sur des condamnations. Plusieurs pistes doivent être étudiées : allongement des délais de prescription en matière d’agression sexuelle ; possibilité pour les associations compétentes de porter plainte en lieu et place des victimes ; fin de la possibilité de correctionnaliser un viol […]."

Extrait du JDD